BELLA CIAO
LE SILENCE DES COMMUNISTES

un film de PAOLO ZAGAGLIA
(documentaire, 2005, 52')

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Un film ressemble à la manière dont il est produit et tourné (« Un film, c’est l’histoire de son tournage » disait Jacques Rivette) et c’est le cas de « Bella Ciao, le silence des communistes » : n’ayant pas trouvé de producteur, je l’ai entièrement produit, avec du matériel de tournage emprunté par ci par là, des collaborateurs qui ont accepté de travailler en participation parce qu’ils ont cru au projet, des photos et des images d’archives obtenues gratuitement après avoir écarté beaucoup d’organismes qui les vendaient à des prix prohibitifs.

C’est ainsi que ce film a pris sa forme (le projet original était peut-être plus ambitieux et demandait plus de moyens - en argent et en collaborateurs - que je n’avais pas) et s’est réalisé : d’une façon beaucoup plus légère, plus libre, sans aucune contrainte, sans ces visions où les co-producteurs se sentent obligés de donner leur avis, de faire changer l’une ou l’autre chose, histoire de montrer qu’ils ont bien mis quelques sous.

Dès lors, ce film est ce que je voulais qu’il soit et tant pis si techniquement il souffre peut-être de sa méthode de production car pour moi l’important était de donner la parole à ces hommes et ces femmes qui depuis 1991, depuis la radiation de leur parti, ont été obligés de se taire sans vraiment comprendre le pourquoi (« Le PCI n’a rien fait de mal » dit l’un d’entre eux).

Et l’important est là, dans ces mots, dans ces phrases que les ex-inscrits du PCI peuvent enfin dire, devant une caméra, pour se libérer d’un poids, d’un secret gardé en eux depuis une quinzaine d’années.

L’important, c’est aussi d’avoir mené à bien ce projet qui occupait mon esprit depuis longtemps, d’avoir pu répondre à mes questions, même s’il a fallu m’exposer personnellement. Mais parler à la première personne c’était une chose qui allait de soi car en réalisant ce film, je ne désirais pas faire un reportage sociologique (j’espère que d’autres s’en chargeront un jour) mais répondre à des questions personnelles que je me posais. Voilà qui est fait.

                                                            Paolo Zagaglia